Le manque de neige, du déjà vu dans les années 90

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photo du lac gelé de Gérardmer en hiver

10 degrés à 2000 mètres d’altitude à Noël, ce ne sont pas vraiment les températures auxquelles on peut s’attendre à cette altitude. Des bas de pistes transformées en piscine, des stations de ski fermées pendant les vacances de Noël, cela interpelle, mais on a déjà vu cela dans les années 90.

Les hivers des années 90 n’étaient pas ceux que l’on croit

On peut souvent lire sur les réseaux sociaux des commentaires du style :

Avant, il y avait de vrais hivers, avec de la neige !

Cela n’a pas toujours été le cas. En effet, dans les années 90, les hivers étaient souvent doux, et il est même arrivé que la neige soit absente au point que l’on ne puisse pas skier dans les Vosges, mais également dans d’autres massifs.

La photo ci-dessous prouve bien que les hivers des années 90 avaient un enneigement généralement plus faible que les hivers des décennies suivantes. Ce n’est pas indiqué sur la photo ci-dessous, mais les années 80 ont connu des hivers froids et neigeux, notamment l’hiver 1985 avec ses -35 dans le Haut-Doubs et une Côte d’Azur recouverte d’un grand blanc manteau.

Un graphique qui fait relève l'enneigement dans les Vosges des années 90 à nos jours.
Pas loin d’une catastrophe économique dans les Vosges

La situation lors de l’hiver 90 fut tellement désastreuse que les collectivités territoriales avaient dû mettre la main au porte-monnaie pour aider les stations de ski de Gérardmer, La Bresse ou par exemple celle du Ventron. Et depuis, des investissements ont été faits, dans du matériel permettant de fabriquer de la neige artificielle. Le problème, lorsqu’il fait doux, ce matériel ne sert à rien. Mais les professionnels du ski ont tout de même su s’adapter aux périodes de douceur et de lessivage. Pour preuve, on pouvait skier pendant ces vacances de Noël dans les Vosges, malgré l’absence totale de neige sur les plus hauts sommets !

une station de ski dans les Vosges sans neige fin décembre
30 décembre 2015 sur les pistes d’une station de ski dans les Vosges.

Aujourd’hui, évidemment que le réchauffement climatique est en cause dans le manque de neige, mais il n’est pas l’unique responsable. On peut dire que c’est la faute à pas de chance si nous n’avons pas de neige actuellement. Le mois de février battra peut-être des records d’enneigement, allez savoir !

La faute au réchauffement climatique ?

Lors de l’hiver 1990, on disait déjà que s’il ne neigeait pas et qu’il faisait doux, c’était la faute au réchauffement climatique. Mais qu’avons nous dit en mars 2006, en décembre 2009 ou en février 2012 ? Ces trois années correspondent à des hivers ayant enregistré plusieurs records. En mars 2006, les villes du Nord-Est étaient recouvertes d’une épaisseur de neige très importante. C’est lors de cet hiver d’ailleurs que le record d’enneigement a été relevé dans le massif des Vosges, avec plus de 3 mètres au Ballon d’Alsace. En 2015, il n’y avait pas de neige du tout à Gérardmer, ce qui n’a pas empêché d’avoir un enneigement de qualité l’hiver suivant.

Si l’on remonte encore plus loin, on peut noter que dans les années 60 (1964) des situations semblables à celles d’aujourd’hui se sont produites. C’est pourquoi, il faut être prudent dans la manière dont on présente les choses.

Le climat et la météo sont intimement liés, mais ce n’est pas parce que la température de la planète augmente qu’il n’a pas neigé à Noël.

Par conséquent, il est difficile de penser que le réchauffement climatique soit la cause principale de l’absence de chutes de neige actuellement. Pour preuve, les USA connaissent actuellement une vague de froid et des chutes de neige record. Au Japon aussi et en Sibérie, les -50 sont régulièrement atteintes dans le petit village d’Oïmiakon.

Avec les relevés précis que nous avons aujourd’hui, on pourra tirer des conclusions et affirmer si les hivers des années 2020 étaient moins froids et moins neigeux que ceux des années 90.

Pour l’instant, une seule chose à faire, c’est souhaiter que le froid cesse aux États-Unis, car on n’a rarement vu une vague de froid se produire à la fois à Paris et à New-York.

1 COMMENT

  1. très bien résumé , tout est dit , si bébert SIMON était encore de ce monde, il faudrait aller lui demander tout ses relevés météorologiques ,beaucoup de gens serait bien surpris ,,,,

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